La petite grande dame du Canoë

La catégorie C1 dame est en devenir. Depuis sa création en 2011, les Françaises tiennent le haut du pavé. Après Mylène Blondel (3ème en 2011 à Augsburg), le duo Julie Paoletti et Marjolaine Hecquet (respectivement championne du monde classique 2012 et championne du monde sprint 2012,2013, et championne du monde classique 2014), la relève est assurée par Claire Haab. Rencontre avec la nouvelle patronne mondiale du C1 dame  de sprint.

1m 69 au garrot, un tempérament discret et une grosse envie de performer, voilà pour les principaux traits de caractère de la championne du monde. Claire Haab (AS Gerarmer) partage son temps entre le contrôle qualité aux « Choucroutes du Rhin » (Plus alsacien, tu meurs) et ses entrainements sur l’Ill, au niveau de Sélestat. Un travail très prenant l’hiver, mais qui lui laisse du temps pour les entrainements et les compétitions quand les beaux jours reviennent.

Le kayak, elle l’a commencé à 10 ans en suivant les pas de son grand frère, alors sociétaire du club de l’APACH Colmar. « Les débuts étaient un peu chaotiques, explique Claire Haab, c’est l’ambiance qui m’a attiré. J’étais un peu la petite protégée, car mon frère était déjà au club. J’ai eu la chance d’apprendre au contact de personnes comme Guillaume Kiry (équipe de France -23 débuts des années 2000 ), Erwan Le Sclotour ou encore Golwen Kaufman. » Ses années kayak sont moyennes, elle n’arrive pas a être dans le haut du panier. C’est en Sénior 2 qu’elle commence réellement le C1, lors des seconds championnats de France ouverts à la catégorie en 2011.

« J’ai été sélectionné un peu par hasard dans cette catégorie, j’avais fait cinq fois du C1 uniquement sur les courses, car je doublais avec le K1. Je suis arrivée en bas des moutons 2 fois de suite lors de ces championnats de France sprint à Aime-Macot-laplagne (Isère) et j’ai décroché le titre de championne de France. » Une performance qui la place alors parmi les favorites de la catégorie. « En C1, tu es plus haut, on voit mieux la rivière qu’en K1. La trace est plus facile à voir, c’est aussi ce qui m’a plus en C1. » Une prise de conscience qu’elle a eue en 2012 sur la classique de l’Isère.  « Je n’ai jamais réussi à trouver la bonne passe en K1 sur les 400 mètres, alors qu’en C1 la passe m’a paru beaucoup plus facile à trouver. »

Malheureusement les années suivantes, elle n’arrive pas à concrétiser. Toujours dans les premières, mais trop loin des temps des pontes de la catégorie (Julie Paoletti et Marjolaine Hecquet). Elle entame alors une traversée du désert qui durera jusqu’en 2014. « Ça a été dur et très frustrant. Il ne manquait pas grand-chose pour y arriver et à chaque fois ça ne passait pas.  J’étais parmi les premières, mais les chronos étaient trop éloignés de la première ». Une frustration qui aurait pu mettre un terme à son expérience en C1. Mais la jeune femme est tenace et continue dans cette voie qui lui plait.

En 2014, elle saisit sa chance. Un ticket pour les coupes du monde avec une place en équipe de France moins de 23 ans. Une aubaine pour elle, l’occasion de faire ses classes avec la championne du monde de l’époque: Marjolaine Hecquet. « Ces coupes du monde ont été très formatrices pour moi. Il y avait une émulation que je ne connaissais pas puisque je m’entraine très souvent seul sur Sélestat. Marjolaine m’a donné des conseils et les coachs de la catégorie mon bien aidé. » Une aubaine, mais surtout un déclic qui lui a permis de repartir sur de nouvelles bases. « Quand je suis revenue des coupes du monde j’étais plus à l’aise. Ça a été une grosse prise d’expérience. J’ai vraiment eu l’envie d’aller plus loin. »

Lors des sélections équipe de France sprint de 2015 à L’Argentière-la-Béssée, Claire Haab obtient enfin sa place pour l’équipe sénior. Elle remporte haut la main ces sélections, synonyme de qualification pour les Europes et les Mondiaux. Elle concrétise en remportant les sprints sur ces deux évènements et s’impose de facto comme une spécialiste du sprint dans sa catégorie. En effet, elle est moins à l’aise en classique. Aux Europes, elle n’obtient qu’une 5ème place en classique.

Doublement couronnée sur cette première saison internationale dans la coure des grands, elle n’en garde pas moins la tête sur les épaules et fait preuve de beaucoup d’humilité. « Pour l’instant ces titres ne changent pas la manière dont je perçois cette discipline, je repars pour une nouvelle saison. Bien sûr, j’ai l’envie de refaire une saison comme celle-ci, mais je garde à l’esprit qu’il peut toujours y avoir un outsider, le fait que je ne sois pas à l’aise sur tous les types de rivières et qu’il me reste beaucoup à apprendre… »

La jeune céiste regrette tout de même le manque d’émulation dans sa catégorie. « On n’est pas encore assez nombreuses pour l’instant, il y a un manque de densité. Mais les jeunes générations commencent à arriver et parmi elles il y a des filles qui ne font plus que du C1 que ce soit en France ou à l’étranger. Je pense que ça va être bénéfique pour la catégorie et que le niveau devrait augmenter dans les prochaines années. Le prochain gros challenge serait d’arriver à faire entrer des C2 dames en équipes avec un bon niveau. » La catégorie C2 dames est ouverte à l’internationale depuis cette année, mais il n’y avait qu’un C2 dames Italien lors des derniers championnats du monde.

Theodore Heitz



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