L’Aeve : entre Kayak et C2

Le petit monde du C2 continue d’évoluer à son rythme. Après l’arrivée du Kenu (WinnerPro) en 2007 et de son évolution en 2012, puis le Shock (RK) quelques mois plus tard, le dernier né de la famille des biplaces (C2) fait son arrivée courant avril. Reste à savoir si ce bateau peut remplacer l’indétrônable Feeling, une forme qui a maintenant plus de 20 ans, mais qui semble résister à toutes les améliorations de ses concurrents.

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L’Aeve (comprenez « eau » en langue poitevin) n’est pas l’évolution d’un précédent C2. D’ailleurs, il ressemble plus à un kayak qu’à un C2. Né de l’imaginaire de Gaétan Guyonnet ( membre de l’équipage Guyonnet- Guyonnet, vice champion du monde en 2012) en collaboration avec Antoine Egreteau (membre de l’équipe de France en 2009), Olivier Mourasse, et Damien Guyonnet. Il aura fallu plus deux ans de gestation pour obtenir le premier modèle navigable. Un défi quand on sait qu’il est parti de zéro pour le dessiner. « Je voulais un bateau qui franchisse mieux les vagues, explique Gaétan, les C2 comme le Kenu Évo ont trop d’effet bouchon dans les vagues courtes et le planning demande souvent des relances. »

Parti d’un C1

Pour ce projet, il part de la numérisation sur un logiciel de dessin du squatter 3 (C1), la forme existante la plus simple à numériser selon lui. « Le but n’était pas de faire un squatter 3 aux dimensions du C2, mais d’avoir un point de départ pour le modèle numérique. Je suis parti d’un constat : dans le kayak la dernière tendance est de ramener le volume vers l’hiloire, alors pour quoi ne pas essayer en C2. »

Après des semaines passées à dessiner le bateau sur son temps libre et le modèle numérique achevé, Gaétan a voulu tester le bateau. « Nous avons fait la forme en styrodure, taillé les calages directement dans la masse puis stratifié le pont et la coque à la manière d’une planche de surf. La forme paraissait correcte, mais le poids de la structure était de 28 kg ». En effet avant même de ce lancer dans la construction du moule, l’équipe veut savoir si la forme est performante. Pour cela ils effectuent dans une série de tests sur trois minutes en comparaison avec le Kenu Evo. « Nous avons rajouté du poids, dans le Kenu evo, pour les tests. Sur 3 minutes, nous avons gagné 3 secondes (soit 1 seconde par minute) avec l’Aeve par rapport au Kenu evo. Mais ces résultats sont à relativiser, on ne sait jamais si c’est l’effet d’avoir une nouvelle forme ou les performances réelles du bateau. Ce qui est sûr en revanche, c’est que la classique que nous avons faite aux mondiaux de Valtellina est l’une des meilleurs de notre saison. L’une des seules que nous ayons faites dans l’Aeve. D’habitude, nous étions dans les 20 secondes derrière l’équipage Debray-Lapointe. Aux mondiaux, cet écart n’était plus que 5 secondes. Le bateau est performant. Mais il faudra encore quelques heures de navigation avant d’en connaître toutes les clefs. » Une raison pour laquelle l’équipage n’a pas utilisé le bateau sur
les sprints des mondiaux.

« Made in Mourasse »

Petite ombre au tableau, en ramenant les volumes sur l’équipage, le bateau est plus large au niveau de l’équipier arrière (les ailerons ont été avancés de 15 cm), un défaut qui va être corrigé. « Pour Damien (son frère et coéquipier arrière ) cette largeur n’est pas vraiment un problème puisque c’est un grand gabarit. Pour les plus petits, cela devient gênant. L’arrière va être retravaillé par Olivier afin de pallier ce défaut et correspondre au plus grand nombre.» Côté construction, petite nouveauté, et non des moindres, une construction en «semi-monobloc» imprégné par infusion. « Le pont est construit en premier, puis lors du moulage de la coque il est soudé directement par débordement de tissus. Il n’y a donc pas de bande de soudure à l’intérieur ou à l’extérieur. » Un gain de solidité que seul le temps pourra démontrer. Mais la solidité des constructions d’Olivier Mourasse n’est plus à démontrer, même s’il est vrai que la quantité n’est pas comparable aux autres constructeurs. L’Aeve est un bateau à essayer. Il n’a pas fait ses preuves au niveau international, mais les résultats des championnats de France de l’équipage Guyonnet-Guyonnet sont de bons augures. Le bateau sera disponible à l’essai à partir d’avril. Pour plus de renseignements, contactez Gaétan Guyonnet(Moussac CK).

Theodore Heitz



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