Boris Saunier

Happy Desc n’a pas oublié les kayakistes qui ont marqué l’histoire de la descente en France, dans la rubrique « que sont-ils devenus ? » nous nous entretiendrons avec ceux qui ont décroché un titre mondial ou européen pour les connaître davantage et savoir ce qu’ils sont devenus. Pour ce 1er entretien, Boris Saunier s’est prêté au jeu !

 

Comment as-tu commencé le kayak ?

« Ouh là ! Un peu par hasard, il y avait un club de kayak à côté de mon école primaire, du coup on faisait des séances avec l’école. L’été d’après je suis allé en vacances dans les gorges du Tarn avec mes parents, j’ai refait du kayak, et à la rentrée je me suis inscrit dans le club le plus proche de chez moi. C’est là que je suis tombé sur la famille Crochet et les autres descendeurs qui faisaient de la compétition. Du coup je me sboris saunieruis orienté sur la Descente car c’est ce que mon club faisait surtout. Et j’ai naturellement fait de la compétition car c’était également la dynamique du club. À l’époque il y avait la bivalence obligatoire pour les cadets (championnats de France slalom et descente additionnés) du coup je faisais aussi du slalom et j’aimais bien ça. Mon club aurait fait du slalom je me serais surement orienté vers cette discipline.»

C’est quoi ton meilleur souvenir sportif ?

« Forcément mon titre de champion du monde ! Mais celui de champion du monde Classique ! À l’époque la classique était la discipline reine, les champions du monde de Classique étaient des cadors ! Pour moi, si je montais sur le podium en classique c’était déjà une belle perf, alors gagner c’était le top ! »

Tu as été le premier champion du monde de sprint de l’histoire du kayak de la descente, ce n’est pas rien, comment as-tu vécu cette participation à cette nouvelle épreuve à l’époque ?

« Tout le monde était aligné sur cette course, à l’époque quelques kayaks avaient fait le choix de courir seulement sur le sprint, comme Olivier Boukpeti par exemple. Mais il y avait moins de différence que maintenant, moins de spécialistes. D’ailleurs en kayak dame, en c1 et en kayak homme les vainqueurs de la classique ont remporté le sprint également (Vladi Panato en c1 et Michaela Mruzkova en kayak dame). C’est peut-être dû aussi au fait que c’était une classique courte en eau vive et un sprint long. (10’ pour la classique et 2’ pour le sprint). De mon côté, je savais que je pouvais gagner. Même si c’était le 1er championnat du monde de sprint, depuis 1998 il y avait des coupes du monde et j’étais monté sur les podiums en sprint. J’étais meilleur en sprint qu’en classique, mais j’ai toujours préparé la classique à fond ! Et cette année là le favori c’était Maxime Clérin en classique, il avait gagné les piges, mais s’est déboité l’épaule un mois avant les championnats sur un stage de préparation, du coup il n’a pas participé aux mondiaux…»

Faire du haut niveau ça a représenté quoi dans ta vie ?

« C’était l’objectif prioritaire de ma vie lorsque je faisais du haut niveau. Avec du recul je me dis que j’ai été un peu con, j’ai mis mes études de côté et tout le reste d’ailleurs. Je ne regrette quand même pas ces années d’entrainement et je suis content du métier que je fais actuellement. Mon expérience me sert pour conseiller les jeunes sportifs de haut niveau de la région. »

Justement tu en es où en ce moment dans ta vie
professionnelle ?

« Je suis professeur de sport à la Direction Régionale des sports de la région Rhône Alpes. Je suis chargé du suivi socio-professionnel des sportifs de haut niveau. J’essaie d’accompagner au mieux les jeunes sportifs afin qu’ils préparent dès maintenant leur vie professionnelle. Qu’ils y arrivent ou pas dans leur sport j’attire leur attention sur l’importance des études et des formations en parallèle de leur entrainement.»

Comment as-tu préparé ta reconversion professionnelle? En même temps que tu faisais encore du haut niveau ou après avoir arrêté ?

« En 2005 je faisais encore du haut niveau, j’ai passé le concours du professorat de sport, j’ai eu un poste Insep pendant deux ans pour préparer les sélections olympiques de course en ligne. Ensuite j’ai été Cadre Technique Régional de la Picardie pendant 3 ans et maintenant je suis à la DR Rhône Alpes.Si j’avais réagi plus tôt pour préparer mon avenir professionnel je ferai peut être un autre métier, même si je suis très content de faire ce métier. Du coup maintenant je fais du conseil auprès des jeunes pour les aider à préparer leur avenir professionnel.»

Est-ce que tu fais encore du sport régulièrement ? Si oui, lesquels ?

« J’essaye ! Je vais faire des footings avec les collègues du travail. Je ne fais plus de kayak, l’an passé je suis monté dans un kayak deux fois. Je n’en ressens pas trop l’envie. »

C’était quoi ta rivière préférée?

« Bourg Saint Maurice, l’Isère, (Bellentre-Aime )! Sans hésiter! Rivière mythique ! »

Est ce que tu avais un exemple de sportif ?

« Quand j’étais gamin oui ! Il y avait Philippe Graille ou encore Gilles Caillet, je l’avais vu torse nu un jour et il était énorme ! (Rires). Après quand je faisais du haut niveau, je n’avais plus tant que ça d’idoles.» (Info Palmarès: Philippe Graille 4 ème aux
championnats du monde de 1996 à Landeck (Autriche) et Gilles Caillet 3ème aux championnats du monde de 1998 à Garmish (Allemagne) derrière un autre français Mickaël Fargier 2ème cette année-là.)

Un rituel avant les compétitions importantes ?

« Toujours le même short ! Le short de course quoi ! Et toujours la même manière de m’échauffer. Je faisais toujours la même chose sur l’eau avant une course. Déjà je faisais un pré-échauffement de 20’ et je débarquais 1h avant ma course. J’aimais le faire sur du plat, sur un lac ou sur une portion de rivière où c’était possible. Par contre je n’aimais pas faire de descente avant  la course, pour moi le pré-échauffement était surtout une mise en condition physique.»

C’était quoi ton point fort quand tu étais athlète ?

« Je me démerdais pas trop mal en eau vive et j’avais de bonnes qualités physiques, surtout sur le sprint. J’avais une fréquence gestuelle peu élevée, mais j’utilisais beaucoup la force de l’eau pour avancer. Je privilégiais la puissance à la cadence à tout prix. »

Un dicton, une phrase fétiche ?

« Ce qui ne te tue pas te rend plus fort. » « En gros : si tu n’y arrives pas, tu feras mieux la prochaine fois! »

Est-ce que tu es toujours en contact avec tes collègues de l’équipe de France de ces années-là ?

« Oui, avec Olivier Boukpeti surtout, car il s’est mis également à la course en ligne après. Je suis davantage en contact avec ceux avec qui j’ai fait de la course en ligne car c’est par cette discipline que j’ai arrêté de faire du haut niveau. (De 2003 à 2008 : s’entraine en course en ligne). Je croise quelques descendeurs quand même ! Sur le marathon de l’Ardèche ou dans la région ! »

Est ce que tu suis les résultats de la descente sur les mondiaux ou Europe chaque année ?

« Je les suis de loin, mais je regarde les résultats chaque année, à chaque échéance internationale. Je ne connais pas tous les athlètes, mais je suis quand même ça ! »

Cecile Vallaeys



Catégories :QUE SONT-ILS DEVENUS

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